01/08/2011 Interview of Stéphane after the 24 Hours of Spa

24 Heures de Spa : Stéphane Lémeret accumule les podiums

Trois deuxièmes places, une médaille de bronze, tel est le bilan positif de Stéphane Lémeret lors des 24 Heures de Spa depuis 2006.

Parti avec l’ambition d’y signer un top cinq, une course régulière hissera Stéphane et ses coéquipiers sur la troisième marche du podium. 

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Q. Stéphane, ce podium, une surprise ?

 
R. Ah oui, là, franchement, après les qualifs, on n’y croyait plus du tout. Il faisait beaucoup trop froid pour faire fonctionner nos pneus Dunlop, d’autant
plus qu’en raison des conditions météo rencontrées lors des essais, nous n’avions pas eu le temps de travailler le set-up.
 
Q. Les conditions changeantes lors des essais libres et les qualifications ont rendu les réglages difficiles. La demi-journée de travail de début juillet
a-t-elle suffi pour établir un set-up satisfaisant ?

 
R. Clairement non, d’autant plus que le matin du test-day, Dunlop nous a fait essayer ses pneus «tendres» qui étaient en fait de vieilles reliques des
24H du Dubaï, qui ne fonctionnaient pas du tout. Nous avons donc perdu notre temps à essayer d’adapter la voiture à ces pneus qui ne fonctionneront quand même jamais.
 
Q. Les pneus qui ne parvenaient pas à chauffer en-dessous de 14 degrés, est-ce la conséquence d’un loup sur la voiture ou à une gomme prévue pour des températures plus élevées ?
 
R. Une gomme qui fonctionne effectivement très bien et surtout très longtemps quand il fait très chaud mais qui ne chauffe jamais correctement lorsqu’il
fait froid.
 
Q. Tu as accompli moins de 10 tours toutes séances d’essais confondues : un planning imposé par les circonstances particulières qui ont régné tout au long du week-end?
 
R. Oui, ce fut très compliqué en effet. Pas un seul tour en slicks pour ma part.
 
Q. Le manque de kilomètres t’a-t-il incité à plus de prudence lors de tes relais ou tu as pris rapidement la mesure de ta monture ?

 
R. C’est sûr qu’après ma sortie du test-day, j’aurais aimé reprendre confiance dans la voiture avant la course mais j’ai quand même pu attaquer. J’étais
au moins aussi compétitif que l’an dernier avec l’Audi, alors que je connais beaucoup moins bien la Mercedes. Mais elle donne confiance, même quand elle n’est pas bien réglée.
 
Q. Les relais de nuit sont toujours des moments de découverte. Des odeurs particulières, des bruits que l’on perçoit au volant, une perception des trajectoires différentes. Peux-tu nous décrire les sensations particulières que tu as ressenties ?
 
R. J’ai un peu galéré au début car non seulement les phares gauches étaient endommagés suite à un accrochage d’un de mes équipiers, mais aussi parce que les lumières indiquant le moment idéal pour changer de rapport étaient beaucoup trop brillantes. Le temps de trouver le bouton permettant de diminuer l’intensité de ces shift-lights, j’ai connu l’un ou l’autre tour difficile, où je ne voyais vraiment pas bien car j’étais ébloui.
 
Q. La course est partie sur un rythme de GP. Avez-vous essayé de suivre le rythme des leaders à tout prix ?
 
R. Non, pas du tout, Thomas Jäger a fait un début de course prudent. Mais une bonne stratégie et les erreurs de nos rivaux nous ont permis de pointer à
la deuxième place dès la première heure de course. Malheureusement, Thomas a ensuite voulu résister à l’agressivité de Stéphane Ortelli et celui-ci s’est
loupé au freinage des Combes, nous envoyant en tête-à-queue. Le début de nos ennuis !
 
Q. Excepté la réparation du capot avant avez-vous connu d’autres problèmes ?

 
R. Oui, un drive-through pour avoir roulé 65 minutes plus 6 secondes à cause d’une grosse averse dans le dernier tour, ainsi que des problèmes de pompe à essence en fin de course, nous coûtant de la puissance et une dizaine de km/h en ligne droite. Des plaquettes de freins s’usant trop vite, également.
 
Q. L’expérience des 24 Heures de Dubaï, un plus dans la réussite du double tour d’horloge ardennais ?
 
R. Oui, c’est certain, le team Black Falcon est jeune mais apprend très vite. Et ça nous a surtout donné de la confiance dans la fiabilité de la voiture.
Honnêtement, on ne l’a pas ménagée et elle a tenu.
 
Q. La Mercedes, une voiture facile à exploiter ?
 
R. Oui, extrêmement facile, raison pour laquelle les gentlemen-drivers font également de bonnes perfs à son volant. Mais elle est plus amusante que l’Audi car elle permet de freiner plus tard et d’utiliser davantage le frein moteur. Elle est également plus vivante, on sent mieux ce qu’elle fait.
 
Q. Que manque-t-il à la SLS pour concurrencer les Audi ?

 
R. Rien : les bons pneus pour les conditions météo du moment, un team plus expérimenté à Spa pour les réglages et un équipage du niveau de ceux d’Audi. Mais la voiture est clairement meilleure. Il suffirait de mettre un peu de moyens pour écraser Audi.
 
Q. Le Black Falcon Racing, est-ce une formation en mesure de s’imposer à Francorchamps à plus ou moins court terme et avec laquelle tu aimerais poursuivre ?
 

R. Sur de très nombreux points, Black Falcon me fait clairement penser à Phoenix en 2006 : j’étais avec eux pour leur première participation, on a fini
2e et ils se sont imposés l’année suivante… sans moi puisque j’étais passé chez Vitaphone. Je vais essayer de ne pas répéter la même erreur en 2012.
 
Q. Les ravitaillements imposés après 65 minutes, une hérésie du règlement ?

 
R. Non, c’est logique puisque le règlement GT3 nivelle les performances des voitures. Il ne sert à rien de niveler leurs performances si on ne nivelle pas
leur autonomie.
 
Q. La pénurie de pneus a-t-elle eu une influence sur la stratégie à adopter de jeudi matin jusqu’à l’arrivée ?

 
R. Pas pour nous en tout cas, on avait largement assez de pneus Dunlop. Je pense qu’on aurait même pu dépanner quelques équipes.
 
Q. Greg Franchi récolte les dividendes du travail que tu avais entamé au sein du WRT en 2010, cela te laisse-t-il un goût amer ?
 
R. D’abord, je préfère que ce soit lui qu’un autre qui en récolte les fruits puisque je le considère un peu comme mon petit frère. Durant les deux dernières
heures de la course, je n’avais de cesse de me dire : «J’espère être sur le podium pour pouvoir fêter sa victoire avec lui». Il m’a d’ailleurs bien fait
rire en me disant dans le shuttle qui nous amenait au podium «T’es toujours là, toi !». C’est vrai que c’est mon 4e podium en 6 ans, et ma 9e arrivée en
10 participations en GT !

Ensuite, je suis très content pour tout le team WRT. Il y a des gens que j’adore dans cette équipe (Olivier, Mathieu, Françoise, Nathalie, François et bien d’autres) et je suis très heureux pour eux, je suis sûr qu’il fêtent ça dignement ! Par contre, c’est vrai que c’est un peu frustrant d’avoir payé l’an dernier pour leur permettre d’apprendre et de ne pas pouvoir en profiter cette année. Il est clair que j’aurais aimé disputer le Blancpain avec eux cette année mais que Vincent Vosse n’a pas pu me faire de proposition en ce sens. Je le regrette mais je ne lui en veux pas car il est logique qu’il fasse passer l’intérêt de son team avant celui de ses pilotes. D’ailleurs, nous avons des projets en commun pour la fin de saison mais c’est trop vague pour en dire plus.
 
Q. Pas trop nostalgique de te battre en GT3 pour la victoire plutôt qu’avec les GT1 ou GT2 qui sont plus de vraies voitures de course ?
 
R. Beaucoup moins que l’an dernier. En 2010, je tombais de haut en passant de la Maserati GT1 à l’Audi GT3, qui n’était vraiment pas amusante à piloter.
Il fallait économiser la mécanique pour espérer finir et c’était beaucoup moins amusant. La Mercedes est beaucoup plus solide et vous pouvez attaquer à
fond, elle ne vous lâche pas. C’est moins fun qu’une GT1 mais il faut aussi voir qu’enchaîner les doubles relais est plus facile à son volant.
Rouler à rois en GT1 était vraiment très dur. En GT3, ça va.

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02/08/2011
Posted by Michel
Merci pour ces excellents moments de suspense et bravo au champion.
03/08/2011
Posted by Stéphane
Merci à vous pour votre soutien !

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