23/10/2011 Raid de l'Himalaya

Deux pilotes-journalistes belges ont participé la semaine dernière au «Raid de Himalaya» à bord d’une Suzuki Swift entièrement de série. Sans aucune assistance, ils sont venus à bout des pièges des 2000 kilomètres du rallye indien le plus difficile de l’année, culminant à près de 5.000 mètres d’altitude.  Lire la suite.

«Quelle aventure !», sourit Stéphane Lémeret, le pilote de la Swift 1.2, revenu du toit du monde ce mardi. «Mon copilote Jean-Christophe Herminaire et moi-même ne savions pas trop à quoi nous attendre en nous engageant dans ce rallye et nous sommes allés de surprise en surprise. Il est clair que le sport automobile indien est très différent de ce que nous connaissons ici mais ce «Raid de Himalaya» est une vraie belle épreuve sportive et un fantastique banc d’essai pour les voitures qui y participent. Nous, Européens, n’oserions en principe jamais nous aventurer avec une voiture classique sur ces pistes à peine praticable par des 4x4 préparés. Après deux jours, je me suis d’ailleurs dit que notre Swift n’arriverait jamais au bout tellement c’était dur pour la mécanique. Mais malgré l’absence totale d’assistance et le fait que nous n’ayons changé qu’une ampoule de phare durant tout le rallye, elle a tenu les 6 jours. Incroyable, d’autant plus que nous ne l’avons pas ménagée pour tenter de respecter les moyennes imposées. Lorsque vous devez tenir les 40 km/h avec une voiture entièrement de série sur un chemin de montagne empierré au bord d’un précipice, ce n’est vraiment pas facile et vous lui demandez donc tout ce qu’elle à dans le ventre. De plus, l’altitude lui faisait forcément perdre une bonne partie de ses 94 chevaux et en côte, nous évoluions souvent sur le premier rapport.»

A couper le souffle

Jean-Christophe Herminaire, le copilote de la Swift numéro 173, confirme le côté pour le moins surprenant de l’aventure… «On avait en effet tout à découvrir. Les Indiens sont très très accueillants mais n’ont pas exactement le même sens de l’organisation que nous. Nous avons donc découvert la veille de notre départ qu’il s’agissait d’une épreuve de régularité, avec des moyennes à respecter. Même si elles sont souvent impossibles à tenir, il arrive aussi que l’on puisse pointer trop tôt, lorsque les routes sont un peu meilleures ou asphaltées. Sans trip-master nous donnant les distances exactes et avec un règlement très difficile à comprendre, nous avons donc pris beaucoup de pénalités au début, avant de trouver quelques astuces. Mais le résultat sportif (7e de classe et 36e sur 75 au général) n’est pas le plus important. Ce que je retiendrai surtout, c’est la découverte d’une population très sympathique - à la fois curieuse et fascinée par le passage du rallye - et de paysages à couper le souffle. On se sent vraiment minuscules tout là haut et l’impression d’immensité de cette région du monde en devient presque oppressante. Et puis, physiquement, ce n’est pas facile car vous passez quand même en moyenne 12 heures d’affilée par jour dans la voiture, en vous levant souvent à 4 heures du matin. Avec l’altitude qui rend chaque effort plus difficile et vous donne mal à la tête, le corps encaisse beaucoup. Heureusement, les sièges d’origine de notre Swift étaient confortables. Il n’y a que lors des deux derniers jours, après que les amortisseurs arrière aient très logiquement rendu l’âme, que nous avons souffert.»

Comme Bollywood !

Stéphane Lémeret, lui, a été stupéfié par le niveau de pilotage des Indiens. «C’est vraiment particulier car le sport automobile indien n’a aucun rapport avec le reste du monde. Un peu comme leur industrie cinématographique, qui cartonne chez eux et empêche Hollywood de s’implanter mais qui ne s’exporte pas ! Par exemple, certains concurrents n’avaient jamais entendu parler du Dakar, et encore moins de Spa-Francorchamps. Pourtant, ils pilotent comme des pros, qu’ils sont d’ailleurs parfois, puisque certains sont payés par les constructeurs locaux pour tenter de remporter ce rallye réputé et très médiatisé en Inde. En tant que sponsor principal de l’épreuve et leader du marché automobile indien, Maruti-Suzuki avait mis les petits plats dans les grands et s’est d’ailleurs imposé avec un Grand Vitara, devant des SUV Mahindra et Tata et quelques 4x4 japonais. Mais quand on voit la manière de conduire des Indiens sur la route, se frôlant en permanence à des vitesses élevées sans jamais se toucher, il n’est pas étonnant de voir que ce sont aussi d’excellents pilotes. Certains mériteraient vraiment de faire une carrière internationale. Quant à nous, comme nous étions les seuls étrangers au départ, nous faisions l’objet de beaucoup d’attentions et certains pensaient que nous ne pourrions pas arriver au bout, voire même simplement nous adapter à la conduite à droite. Mais les qualités de notre vaillante Swift nous ont permis de nous en sortir honorablement. Il faut dire que son comportement routier est parfait, qu’elle freine bien, que sa boîte est très précise et que le confort de son habitacle nous a bien aidés à défendre les couleurs de la Belgique. Désormais, les Indiens savent que notre pays existe et qu’on est capable d’évoluer sur leurs routes de dingues, comptant en moyenne un piège tous les 50 ou 100 mètres !»

     Une expérience fabuleuse que nos compatriotes ne sont donc pas près d’oublier !

0

All rights reserved © M. Pasture