07/01/2012 Dans le rétro : Stéphane Lémeret

Stéphane Lémeret jette un dernier regard sur 2011, une saison plutôt réussie puisqu’il s’est emparé du titre de

vice-champion en LMS et s’est classé en ordre utile dans le championnat BTCS avec en sus la satisfaction d’y avoir remporté

la dernière épreuve, ce qui lui vaudra de rester invaincu durant l’hiver.   Lire la suite.

 

Q. Stéphane, dès tes premiers tours de roues au volant de la Ferrari F430 du AF Corse tu t’es senti très à l’aise. Le déclic qui t’a amené à réaliser des performances de choix ?
 
R. J’adore cette voiture et l’ambiance dans le team est extra donc ça aide à réaliser de bonnes performances. J’ai quand même deux regrets : le premier est de ne pas avoir été assez agressif dans mes dépassements lors de la première course au Paul Ricard. Mais je ne voulais pas prendre de risques pour cette première course chez AF Corse. Mon deuxième regret mais là je n’y peux rien, c’est que la seule fois où j’ai pris le départ, à Silverstone, je suis tombé sur un train de pneus qui avait clairement un problème, comme l’avait déjà subodoré Marco Cioci après les qualifs. Dans ces conditions, j’ai été très mauvais durant ce relais et c’est dommage car c’est la seule fois que j’avais l’occasion de me mettre vraiment en évidence. Pas de chance !
 
Q. Le côté familial à l’italienne a-t-il été un plus dans ton intégration  au sein de la Scuderia?

R. Oui, c’est vraiment agréable. C’est la première fois que je roule dans un team d’aussi bon niveau avec une ambiance aussi sympathique. J’espère donc pouvoir encore y rouler souvent et longtemps.
 
Q. Courir pour Ferrari à titre plus ou moins officiel t’a-t-il donné davantage de responsabilités ?
 
R. Non, Ferrari ne s’intéresse pas trop au GTE-Am, ils se concentrent sur le classement Pro, avec les 458.
 
Q. Défendre la bannière Ferrari est-ce simplement courir pour une marque ou y a-t-il quelque chose de particulier quand on représente la marque au cheval cabré ?
 
R. Rouler sur une Ferrari, au sein de l’équipe officielle, permet surtout de faire plaisir aux sponsors, qui sont merveilleusement accueillis par cette équipe chaleureuse faisant rouler des stars comme Giancarlo Fisichella. Après, à titre personnel, c’est sûr que rouler dans une Ferrari au sein du team officiel est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie. Mais quand on le vit de l’intérieur on n’y pense pas trop, on se concentre sur ce qu’on a à faire.
 
Q. Quels ont été les temps forts de ta saison LMS/ILMC ?

 
R. La deuxième place à Spa est ce qu’on a fait de mieux car c’était dans le cadre de l’ILMC. Nous avons fini juste devant les futurs champions ILMC. Pourtant, nous avons été devancés par les futurs champions LMS, preuve que le niveau du LMS, dans cette catégorie, était supérieur à celui de l’ILMC. Mais il manquait un peu de concurrents en LMS donc les rendez-vous communs étaient plus sympas et plus disputés. A titre personnel, j’ai beaucoup aimé la finale à Estoril, où je me suis enfin montré un peu plus rapide que Marco, où j’ai distancé le champion Narac et où j’ai dépassé Simonsen sur sa 458, après avoir dû un peu le pousser car il me bouchonnait de manière totalement déplacée.
 
Q. Ta participation aux 24 Heures du Mans 2012, l’aboutissement d’une carrière ou une étape supplémentaire ?

R. Malheureusement l’aboutissement, je pense. Je n’arrêterai pas de rouler après Le Mans bien sûr mais je crains que ce soit ma seule participation à cette course. Je vais encore faire beaucoup de sacrifices pour y aller mais après, je pense que je vais me replier sur la Belgique car il devient vraiment trop difficile de trouver des budgets pour rouler à l’étranger. Il faut savoir que le département de DHL qui m’a aidé à développer ma carrière au niveau international depuis 2004 n’a plus la possibilité de me sponsoriser. Et comme ce n’est pas vraiment le meilleur moment pour trouver de nouveaux sponsors, je dois me faire une raison. Heureusement, l’autre business-unit de DHL, qui est surtout intéressée par les 24 Heures de Spa et du Mans, fait tout pour m’aider à continuer à haut niveau.
 
Q. De nombreux accessits et enfin une victoire pour terminer la saison en BTCS, n’as-tu pas le sentiment d’être passé à côté de la montre en or ?

R. Nous avons vraiment joué de malchance. D’abord en cassant un moteur suite à une erreur du motoriste alors que ce n’était plus arrivé sur une Mégane Delahaye depuis 2006, ensuite en nous faisant sortir sous safety-car lors des 12 Heures. Sans cela, nous aurions mené la vie dure à la Kia jusqu’au bout de la saison et qui sait ce qui serait advenu. Mais Didier de Radiguès est un beau champion, il a bien roulé pour son retour.
 
Q. La cuvée 2011 du championnat BTCS semblait exceptionnelle. Du bord de piste, le niveau de pilotage atteignait l’excellence entre les différents protagonistes qui se sont battus pour le titre. Est-ce exact ?

R. C’est vrai, Didier, Van de Poele, Rader… Tous des grands, avec qui les bagarres sont toujours fantastiques. Vincent m’a d’ailleurs fait un superbe dépassement lors de la finale, en profitant d’un attardé. Mais je pense qu’Edouard Mondron, mon équipier, n’est pas loin de devenir le plus rapide de nous tous. Quand il freinera du pied gauche, j’aurai vraiment du mal à égaler ses chronos ! Je pense que Ludovic Sougnez, que l’on présente parfois comme un extra-terrestre et qui est venu faire une pige en Mégane, aura aussi été surpris par la pointe de vitesse d’Edouard. En plus, il n’a quasiment fait aucune faute de pilotage durant la saison.
 
Q. Que penses-tu de la refonte du règlement 2012 axé sur le sprint : un plus pour la discipline ?
 
R. Oui, bien sûr, ça va rendre les courses plus excitantes et j’espère que ça incitera les gens à venir nous voir et les médias à nous suivre de près. De plus, la suppression du Belcar va ramener des concurrents en sprint.
 
Q. Pour préparer au mieux la saison qui s’annonce, seras-tu convié à participer à de nombreuses séances d’essais au sein du AF Corse et du Delahaye Racing ?
 
R. Oh là, là, non, ça coûte trop cher ! Pour le moment, j’essaye de trouver l’appui d’un importateur pour continuer en BTCS mais c’est loin d’être gagné. Si on trouve une solution pour remplacer Renault, qui apparemment veut arrêter, alors on fera quelques essais mais on verra. Et avec AF Corse, à part le test-day pour préparer les 24H du Mans, rien n’est fait. Mais bon, j’ai roulé trois fois aux Emirats en Porsche Cup depuis la fin de la saison européenne et je repars ce lundi à Dubaï pour disputer les 24 Heures avec mes amis du VDS Racing Adventures donc je suis très, très loin d’être à plaindre !

Patrick Six

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