31/07/2012 24H de Spa: série de podiums interrompue pour Stéphane Lémeret

Stéphane Lémeret abordait la 64ème édition des 24 Heures de Spa avec la ferme intention d’y signer un nouveau podium

pour le compte du DB Motorsports, hélas un abandon prématuré durant la nuit mettait fin aux espoirs de bon classement

du pilote DHL.   Lire la suite.

 

Q. Stéphane, tu abordais les 24 Heures dans le rôle d’outsider, un plus pour éviter une pression extrême ?

R. Oh oui, c’était parfait, je savais qu’on pouvait se battre avec Audi et VDS mais peu de gens pensaient à nous donc on était tranquilles !

Q. 6ème à l’issue des essais un résultat conforme aux espérances ?

R. Oui, même mieux car je ne pensais pas que les BMW seraient aussi compétitives. Je voyais plutôt les Ferrari et les Porsche, voire les McLaren. Par contre, on aurait pu être tout devant avec VDS et Vita4One si Jeroen Den Boer n’avait pas été gêné dans son tour rapide. Contrairement à ce qu’a déclaré Vincent Vosse pour tenter maladroitement d’expliquer que BMW cachait son jeu, Jeroen est aussi rapide que Maxime Martin sur le sec et le fait qu’il ait devancé Max de 3 dixièmes au Castellet est juste dû à une petite erreur coûtant 3 dixièmes à ce dernier.

Q. L’annulation de la super pole était-elle justifiée ?

R. Pas du tout mais ça nous arrangeait bien car Jeroen est loin d’être aussi rapide que Maxime sous la pluie, surtout à Francorchamps, qu’il connaît moins bien.

Q. Durant ton premier relais de nuit sous la pluie battante tu semblais ne pas pouvoir tenir la comparaison avec Maxime Martin sur une autre planète. Est-ce par prudence que tu roulais sur un rythme différent ?

R. D’abord, Maxime a été au-dessus du lot et il serait stupide de ma part de ne pas reconnaître sa supériorité. Il a été meilleur que tout le monde, surtout sous la pluie. Ensuite, il y a quand même quelques explications. Premièrement, Maxime avait déjà fait un relais sous la pluie quand je suis monté en piste dans ces conditions. Il m’a donc fallu trouver mes repères puisque je n’avais jamais roulé avec la BMW sous la pluie à Spa. Et dans la nuit, c’est encore plus compliqué. Ensuite, mes premiers tours ont eu lieu juste après une safety-car donc j’ai dû me défaire du trafic, ce qui est toujours difficile dans ces conditions. Et lorsque je me suis retrouvé hors du trafic, la piste a commencé à sérieusement sécher et la BMW n’est pas efficace dans ces conditions. La mienne en tout cas glissait terriblement, seul l’ESP me permettant de garder un peu de rythme. C’était d’autant plus difficile pour moi que j’avais une pellicule de crasse qui s’était déposée sur mon pare-brise et que je ne voyais donc pas où la piste était sèche ou pas. La fin de mon relais en pneus pluie a donc été très mauvaise. Par contre, je suis un des premiers à avoir passé les slicks, à ma demande, et c’était le bon choix. Avec un pare-brise nettoyé, j’ai ensuite pu regagner un peu du temps perdu, dépasser l’Audi numéro 2 et revenir au contact de la BMW numéro 3 avant que celle-ci ne s’accroche avec une Ferrari. Globalement, sur ce double relais de début de nuit, j’ai donc repris du temps à la BMW VDS. Enfin, il est vrai qu’ils ont pris beaucoup de risques dans le trafic, avec plusieurs touchettes. Mais c’est un choix qui a payé puisqu’ils n’ont pas eu de gros accrochage donc bravo à eux.

Q. Une fois que la piste s’est asséchée, tu t’es en effet signalé à l’attention de tous par des temps très rapides, la conséquence d’une voiture réglée pour le sec ?

R. Pas spécialement, non, je pense qu’on avait tous des réglages un peu intermédiaires. Mais sur la BMW, il n’y a pas de grandes différences entre un set-up sec et pluie.

Q. Les conditions exécrables connues lors de ce double tour d’horloge furent-elles les plus dantesques jamais enregistrées depuis que tu participes à cette épreuve ?

R. Non, je pense que c’était pire en 2003, avec la Vertigo. Et à l’époque, on n’interrompait pas la course aussi souvent.

Q. L’hécatombe enregistrée est-elle due à la disparité du niveau de pilotage des concurrents ou au nombre de voitures présentes sur la grille de départ ?

R. La moitié des voitures a terminé. C’est la moyenne. Quand il fait sec, ce sont plutôt des abandons mécaniques. Quand il pleut, ce sont des sorties de piste ou des accrochages, ça s’équilibre.

Q. Quelles sont les raisons de ton abandon précoce ?

R. L’ESP est tombé en panne dans un virage où on compte beaucoup dessus. C’était dans le gauche des Combes et à chaque tour la voiture survirait à l’accélération à cet endroit. Mais comme avec l’ESP il vaut mieux ne rien faire en pareil cas, on s’habitue à ne pas corriger et à laisser faire l’électronique. Ici, il n’est pas intervenu à cause d’un petit bug et j’ai donc fait un tête-à-queue. Je n’ai aucun regret, j’ai juste fait ce que je devais faire mais j’ai été victime d’un problème mécanique. C’est comme si la suspension avait cassé. Comme sur les voitures de route modernes, ce genre de choses n’arrive quasiment plus jamais mais par contre, l’électronique reste faillible. Un peu comme sur un avion… Je précise aussi que BMW Motorsport oblige tous ses pilotes officiels à utiliser ce système, vraiment fabuleux et très efficace. J’ai entendu le pilote d’une autre BMW engagée aux 24 Heures dire qu’il ne l’utilisait pas. J’ai du mal à le croire et je ne vois pas pourquoi il ne l’utiliserait pas puisque ce système fait à la fois aller plus vite tout en apportant beaucoup de sécurité supplémentaire. Sauf quand il tombe soudainement en panne, évidemment ! Mais la BMW Z4 est la première voiture de course digne de ce nom à bénéficier d’un tel système et il est donc normal qu’il ne soit pas encore fiabilisé à 100%. Je suis peut-être le premier pilote de l’histoire à sortir à cause d’une panne d’ESP mais je ne pense pas que je suis le dernier, malheureusement. Mais je suis sûr que BMW Motorsport va analyser le problème et que l’an prochain ça n’arrivera plus. Je veux d’ailleurs à nouveau rouler en Z4 en 2013 car cet ESP permet d’attaquer sans retenue dans toutes les conditions. Un avantage énorme aux 24 Heures !

Q. penses-tu avoir raté une occasion de viser à nouveau le podium ?

R. Oui, bien sûr, au moment de mon abandon nous étions 3e à un demi-tour de la Vita4One et nous revenions dessus. Nous étions aussi devant l’Audi numéro 1 qui finit 2e. Le podium était définitivement à notre portée, surtout que notre pilote le plus rapide sur le sec, Jeroen Den Boer, notre Maxime Martin à nous, n’avait pas encore beaucoup roulé et allait donc être en pleine forme pour attaquer tout le dimanche.

Q. Ta victoire en BRCC un lot de consolation ?

R. Bah, disons que le week-end n’a pas été trop mauvais grâce à ça et que cette victoire assortie d’une 2e place au championnat devrait me permettre de trouver un peu d’argent pour payer la fin de saison.

Q. Ton avis sur la prestation de Alexis van de Poele ?

R. Magnifique ! Il a été vite lors de la qualif du vendredi matin et s’est montré efficace sous la pluie. Curieux de le revoir au volant de cette Volvo Silhouette. J’espère qu’il terminera la saison sprint avec moi, pour avoir une chance de battre les frères Thiers au championnat.

Q. Comment s’articule le reste de ta saison et quelles sont les perspectives pour 2013 ?

R. Je ne sais pas encore si je serai présent pour la fin de saison Blancpain car suite à cet accident, il va évidemment y avoir des discussions financières avec le team. On verra comment ça se passe. Il se pourrait aussi que Karim Al-Azhari me remplace au Nürburgring. C’était déjà envisagé avant les 24 Heures. Et pour 2013 on verra. J’aimerais revenir aux 24 Heures en BMW en tout cas parce que je n’ai jamais été aussi compétitif que cette année et que c’est amusant de pouvoir attaquer tout le temps.

Patrick Six.

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